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 Docteur Folamour : 

Docteur Folamour affiche du film

FICHE TECHNIQUE :

Titre original : Dr. Strangelove
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick,
Terry Southern et Peter George
avec la participation non créditée de
Peter Sellers et James B. Harris,
d’après Peter George
Photographie : Gilbert Taylor
Musique : Laurie Johnson
Décors : Ken Adam
Montage : Anthony Harvey
Année : 1964
Genre : Comédie
Durée : 95 minutes
Pays : Royaume-Uni/États-Unis
Première diffusion : 29 janvier 1964

Distribution
Peter Sellers : Lionel Mandrake /
président Merkin Muffley / Dr Strangelove
George C. Scott :
Général «Buck» Turgidson
Sterling Hayden : Général Jack D. Ripper
Keenan Wynn : Colonel «Bat» Guano
Slim Pickens :
Commandant T.J. «King» Kong
Peter Bull : Ambassadeur de Sadesky
Tracy Reed : Miss Scott
James Earl Jones :
Lieutenant Lothar Zogg

scène du film Docteur Folamour
Maintenant la décision est trop importante pour que nous la laissions aux politiciens.

scène du film Docteur Folamour
Les idiots, idiots et fous. - Que se passe-t'il ?

scène du film Docteur Folamour
Mandrake, avez-vous déjà vu un coco boire un verre d'eau ?

scène du film Docteur Folamour
Voici le détail. Les missions 12,22, 30 et 38 ont été détruites par l'ennemi.

À propos de ce film, Stanley Kubrick avait dit : « L'image réelle ne pénètre ni ne transcende. Ce qui m'intéresse maintenant, c'est de prendre une histoire fantastique et invraisemblable et de tenter d'aller jusqu'au fond, faisant en sorte qu'elle paraisse non seulement vraie mais encore inévitable. »

On est au début des années 1960, en pleine guerre froide (la crise des missiles de Cuba n'est pas loin) et Kubrick, obsédé par le risque d'un cataclysme nucléaire décide, en adaptant le roman "Red Alert" de Peter George, d'en faire le sujet de son prochain film. Aidé de son comparse de l'époque James B. Harris, il ingurgite des tonnes de documents divers, le projet traine en longueur et Harris finit par décrocher. Kubrick se tourne vers Terry Southern, un auteur satirique américain afin d'en achever l'écriture. Le scénario prend dés lors un tour très ubuesque, conduit par une seule question: « Quelle est la chose la plus absurde que puisse dire l'un ou l'autre des personnages tout en restant crédible? ».

Le résultat sera une comédie noire, guidée à l'écran par trois individus imprévisibles, un général devenu fou cloitré dans une base aérienne, un pilote décidé à poursuivre sa mission coute que coute, et un conseiller militaire, ex-nazi, le Docteur Folamour lui-même, opérant depuis la salle de guerre du président des états-Unis à Washington.

À l'exception d'une secrétaire, le casting est quasiment constitué de représentants du genre masculin, lesquels ne peuvent s'empêcher de rouler des mécaniques, s'affrontant comme dans une cour de récréation, et ne cessant de jouer avec leurs armes. La symbolique sexuelle est évidente et rejoint, sous une apparence dramatiquement grotesque, une thématique constante dans le cinéma de Kubrick (en sus de la question du grain de sable, humain ou pas, dans des programmes présupposés infaillibles): le lien entre l'amour et la mort (dans "Lolita", la passion de Humbert s'achevant par le meurtre de Quilty au terme d'un long processus d'autodestruction, ou encore dans "L'ultime razzia", un gangster impuissant déchargeant son révolver sur la femme qui l'a trompé).

Ici, Le général Jack D. Ripper victime d'une panne avec sa maitresse, décide d'éviter les rapports sexuels en attendant d'anéantir l'ennemi qui selon lui pollue les fluides corporels. Les métaphores décalées abondent par ailleurs tout du long, depuis l'accouplement entre un avion ravitailleur de carburant et un bombardier qui ouvre le film, jusqu'au pilote T. J. Kong chevauchant la bombe atomique larguée sur l'Union Soviétique, en passant par la machine à coca-cola qui explose, le bras de Folamour victime d'érections incontrôlées, et les explosions nucléaires filmées comme autant d'éjaculations géantes.

Si la figure féminine est pratiquement absente, c'est parce que le Dr Folamour, tout comme les généraux Turgidson (turgid = enflé) ou Ripper, sont littéralement amoureux de la mort. Une mort qui, par le biais de la violence du pouvoir, est, pour Kubrick, au centre du fonctionnement de la société américaine ramenée aux dimensions d'un jeu absurde. (A propos de la grande table ronde occupant le centre de la salle de guerre, celui-ci avait dit : "C'est intéressant parce que cela ressemble à une gigantesque table de poker. Et ce président et ces généraux jouent avec le monde comme avec des cartes.") pour filmer la "War room", Kubrick innove : le fond du décor est projeté sur le mur intérieur d'un dôme, ce qui contribue à cette impression d'immensité.

À l'origine, le film se terminait (la séquence a été supprimé par Kubrick au moment du montage) par la plus gigantesque des batailles de tartes à la crème jamais filmées. On y voyait, en clôture, le président des États-Unis et l'ambassadeur soviétique construisant des châteaux avec les restes de tartes comme des bébés jouant sur une plage… Gagnée peu, à peu par une folie contagieuse, cette farce macabre est portée par un Peter Sellers doué d'ubiquité au jeu fabuleux. Il interprète non seulement le rôle titre, mais aussi celui de Lionel Mandrake, un britannique, et celui du président américain Merkin Muffley. On raconte même que pendant le tournage, une grande liberté d'improvisation lui fut accordée, ce qui semble vraisemblable tant la folie de ses personnages semble exploser à l'écran.

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