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 Les femmes de Stepford : 

Les femmes de Stepford affiche du film

FICHE TECHNIQUE :

Titre original : The Stepford Wives
Réalisation : Bryan Forbes
Scénario : William Goldman,
d'après Ira Levin
Photographie : Owen Roizman
Musique : Michael Small
Décors : Gene Callahan
Montage : Timothy Gee
Année : 1975
Genre : Science-fiction
Durée : 115 minute
Pays : États-Unis
Première diffusion : 12 février 1975

Distribution
Katharine Ross : Joanna Eberhart
Paula Prentiss : Bobbie Markowe
Peter Masterson : Walter Eberhart
Patrick O'Neal : Dale Coba
Nanette Newman : Carol Van Sant
Tina Louise : Charmaine Wimpiris
Carol Eve Rossen : Dr. Fancher
William Prince : Ike Mazzard
Carole Mallory : Kit Sunderson
Toni Reid : Marie Axhelm
Judith Baldwin : Patricia Cornell
Barbara Rucker : Mary Ann Stravros

scène du film Les femmes de Stepford
Pas besoin de clés à Stepford...

scène du film Les femmes de Stepford
Si je sors ? Je suis dehors, non ?

scène du film Les femmes de Stepford
C'est parfait, Walter, parfait.

scène du film Les femmes de Stepford
Maman ?

Il s'agit de la première adaptation du roman "Stepford Wives" de l'autrice de science-fiction Ira Levin qui fut publié en 1972, à ne pas confondre donc avec le remake tourné en 2004 par Franz Oz, dont l'intérêt est nettement moindre.

Bryan Forbes, réalisateur éclectique capable de passer sans soucis apparent du thriller à la comédie, mais également scénariste et acteur, s'accrocha au moment du tournage avec le scénariste William Goldman imposé par la production. Le résultat, inégal et traversé de quelques longueurs, illustre sans doute cette rivalité. Néanmoins, si le film tient plutôt de la série B (de qualité), il sait distiller son suspens avec intelligence et efficacité. La tension dramatique monte progressivement au gré de révélations suffisamment obscures pour ne pas dévoiler la chute finale (faisant brusquement basculer l'intrigue, plutôt policière, dans le registre de l'horreur glaçante).

La réussite du film tient surtout au choix de l’actrice principale, Katharine Ross, qui incarne ici, loin de tout cliché et avec justesse, un personnage de femme intelligente, créative et aspirant à davantage de liberté. Au travers de son point de vue sur le fonctionnement social de Stepford, le film parvient à articuler (assez explicitement) le message féministe qui fait tout le sel de l’histoire. Ce qui n'empêche pas quelques répliques ouvertement grotesques, tant les housewives de Stepford sont des caricatures dérangeantes de la femme au foyer idéalisée par les hommes. Si la réflexion sur la place de la femme dans la société américaine semble visuellement un peu datée (L'approche scénaristique ancrée dans les seventies devait être beaucoup plus percutante en 1975 qu'elle ne l'est aujourd'hui), elle reste opportune sur le fond.

Le film relate l'histoire de Joanna Eberhart, photographe et jeune mère de famille nouvellement installée dans un quartier idyllique du Connecticut et quelque peu intriguée par les femmes très belles et très soumises qu'elle croise autour de chez elle. D'abord perplexe, puis menant son enquète, elle met peu à peu à jour ce qui ressemble à une conspiration… L'intrigue est conduite avec un habile mélange de paranoïa et d'absurde, laissant planer jusqu'au bout une incertitude très captivante. Nominé au Saturn Award en 1976, est porté par le succès du livre, le film est devenu une incontournable référence de la filmographie SF. L'expression « Stepford wife » (femme de Stepford) est d'ailleurs restée dans la culture populaire pour désigner une femme qui a subordonné sa vie ou sa carrière aux intérêts de son mari et lui montre soumission et dévotion même s'il est l'objet du déshonneur public.

De façon plus actuelle, on peut aussi y voir une critique de la société américaines avec ses banlieues privées régies de façon quasi dictatoriales par des règles archaïques et infantilisantes, ainsi que la dénonciation inattendue d'un transhumanisme qui n'était pas encore d'actualité à l'époque… L'aveuglement technophile pourrait tout entier s'incarner dans cette simple réplique concluant la dernière confrontation de l'héroïne avec l'instigateur du complot. « Pourquoi faites-vous cela ? » demande-t'elle. « Parce que nous pouvons le faire. »

Seul bémol par rapport au livre, Ira Levin optait pour une ellipse. Dans son roman on ne sait finalement ce qu’il en est du mystère de Stepford. Le dernier chapitre est marqué par un changement soudain de point de vue : La dernière habitante installée à Stepford y croise une Joanna désormais rentrée dans le rang. Cette ultime scène distillait un malaise bien plus perturbant et tenace en évoquant la rédition d'un individu dont les aspirations ont été étouffées par la pression de la société. Même si elle ambitionne d’en restituer la noirceur, l'adaptation de Bryan Forbes ne pouvait se permettre une conclusion si incertaine.

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